Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima… les morts du nucléaire – Énergie#9

Les vidéos (version longue et résumé)

Description et sources

Je vous explique d’abord comment on mesure des doses de rayonnement (4:19). Puis, je parle des effets déterministes: les effets qui ont forcément lieu pour des fortes doses de rayonnements ionisants (7:48). Mais, il existe également des effets stochastiques et notamment les cancers (14:18). Beaucoup d’informations sur les impacts sanitaires des rayonnements ionisants ont été obtenu grâce à des études de cohortes et notamment celle des survivants d’Hiroshima et Nagasaki (18:58). A 26:41, je vous explique ce qu’on sait pour des doses reçues inférieures à 100 mSv. Enfin, je vous parle des impacts sanitaires de Tchernobyl (32:50) et Fukushima (43:42) avant de conclure (50:17).

Une source synthétique et en français: Radiation: effets et sources (sans doute la meilleure entrée en matière pour une vue d’ensemble de la question).

L’excellente illustration de XKCD pour avoir quelques ordres de grandeurs sur les expositions radioactives (en anglais).

Un petit point sur les unités: une discussion sur ResearchGate et les articles Wikipédia (bien faits) sur le gray (Gy) et le sievert (Sv).

Sur le syndrome d’irradiation aiguë: Wikipédia (et en anglais), un rapport de l’UNSCEAR (2008) que j’ai notamment utilisé pour les cas d’irradiation aiguë observés à Tchernobyl et l’article Wikipédia sur l’accident Goiânia. D’autres mentions des effets déterministes sur radiopaedia et le site de l’INRS.

Un excellente site pour tout ce qui touche à la radioactivité: je m’en suis servi pour l’iode 131, le strontium 90, sur les irradiés d’Hiroshima et Nagasaki ou encore sur les effets des rayonnements de faibles doses, sur les modes d’exposition.

Un site intéressant pour en apprendre un peu plus sur la radiothérapie (l’article Wikipédia n’est pas mal non plus).

Sur les cohortes d’Hiroshima et Nagasaki, j’ai lu pas mal d’articles:
-- Un article scientifique qui s’étonne de l’écart entre les connaissances sur ce sujet et la perception du public.
-- Le centre d’étude japonnais qui a travaillé sur la question notamment les figures que j’ai utilisé pour les leucémies et les cancers.
-- Un article dans Science & pseudo-sciences (en français).
-- Longevity of atomic-bomb survivors (2000) (dont j’ai tiré la figure sur la durée de vie).
-- Japanese Legacy Cohorts: The Life Span Study Atomic Bomb Survivor Cohort and Survivors’ Offspring (2018) est l’article le plus récent qui résume ce que ces cohortes nous ont appris.
-- Un autre article scientifique (2015) qui critique les travaux précédents et trouve un impact inférieur (de moitié) et critique également l’utilisation de cette cohorte pour appuyer le modèle linéaire sans seuil.
-- Une étude supplémentaire qui recoupe les autres.
-- Wikipédia sur les discriminations des survivants et sur les deux bombardements.

Sur l’hormèse:
-- Wikipédia (anglais).
-- Un doyen de la faculté de Médecine (Clermont-Ferrand) parle de l’hormèse.
-- Un article scientifique de définition.
-- L’altitude semble diminuer le taux de cancer au lieu de l’augmenter: hormèse ou biais statistique ?

Beaucoup de discussions récentes dans la littérature scientifique sur les différents modèles utilisés:
-- L’article Wikipédia sur les faibles doses d’irradiation est très bien.
-- Health Impacts of Low-Dose Ionizing Radiation: Current Scientific Debates and Regulatory Issues (2018) (ma source principale sur cette question dont j’ai tiré quelques exemples de cohortes)
-- Recent Epidemiologic Studies and the Linear No-Threshold Model For Radiation Protection—Considerations Regarding NCRP Commentary 27 (2019) : “It is acknowledged that the possible risks from very low doses of low linear-energy-transfer radiation are small and uncertain and that it may never be possible to prove or disprove the validity of the linear no-threshold assumption by epidemiologic means.”
-- Influence of A Continuous Very Low Dose of Gamma-Rays on Cell Proliferation, Apoptosis and Oxidative Stress (2015) : différents débits de dose ont différents effets.
-- Sur l’impact de faibles doses de rayonnements ionisants sur le personnel naviguant: deux articles scientifiques (1) & (2). Et une page sur l’exposition aux rayonnements cosmiques.
-- Un autre article sur l’importance du débit de dose.
-- Pour faire le point sur les niveaux typiques d’exposition aux rayonnements ionisants dans les études épidémiologiques.

Sur Tchernobyl:
-- Le résumé de l’OMS sur la question.
-- Page de l’UNSCEAR.
-- Un rapport de 2008 de l’UNSCEAR.
-- Incidence and mortality of solid cancer among emergency workers of the Chernobyl accident: assessment of radiation risks for the follow-up period of 1992–2009 (2015).
-- Une quantification la plus large possible (en appliquant un modèle linéaire sans seuil).
-- Une étude sur des cancers de la thyroïde liée à l’accident de Tchernobyl.
-- Une étude sur les impacts psychologiques.
-- Concernant le nuage qui s’est arrêté à la frontière.
-- Long-term Radiation-Related Health Effects in a Unique Human Population: Lessons Learned from the Atomic Bomb Survivors of Hiroshima and Nagasaki (2014):
“The risk estimates of the United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation (an ERR/Sv estimate for cancer incidence after exposure at all ages of 0.43 for men and 0.81 for women)”.

Le rapport de Greenpeace sur les impacts de Tchernobyl et Sortir du nucléaire sur le même sujet
Ils se basent sur des études non-revues par les pairs: celle de N.V. Malko, et celle qui estime 1 000 000 de morts. Cette dernière étude a été revu, a posteriori: “The value of this review is not zero, but negative, as its bias is obvious only to specialists, while inexperienced readers may well be put into deep error.”. Les approches sont les mêmes: sélections arbitraires, extrapolations douteuses, attribution à la catastrophe de Tchernobyl de tous les impacts sanitaires sans essayer de les lier à une exposition aux rayonnements ionisants… etc.

Sur Fukushima:
-- Rapport de l’UNSCEAR.
-- Un premier mort attribué aux rayonnements ionisants.
-- Excellente source (en français) sur l’impact de l’évacuation.
-- Article de presse (en anglais).
-- Un rapport en anglais sur l’impact sanitaire de Fukushima.
-- Sur la personne de 102 ans qui s’est suicidée.

L’excellente figure de XKCD pour avoir des ordres de grandeur de l’exposition aux rayonnements ionisants.

Concernant le traitement de la presse:
-- Un bon article de libération sur Fukushima.
-- Des articles plus discutables… sur l’impact de Tchernobyl par RTBF, Ouest-France et FranceTVInfo.

Autres:
-- Exposition autour des centrales en France (p10)
-- Evolution de l’espérance de vie après la dislocation de l’URSS (le graphique utilisé provient d’ici).
-- Sur la quantification du risque de cancer lié au tabac, je me suis servi de ce papier.
-- Estimation haute du nombre de morts liée au charbon.
-- Des informations intéressantes sur le lien entre cancer des poumons, tabac et radon.
-- Le n°60 des reflets de la physique a pour sujet l’électricité nucléaire.

Catégories Energie

9 réflexions au sujet de “Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima… les morts du nucléaire – Énergie#9”

  1. Bonjour,
    J’imagine que vous allez continuer à aborder le thème du nucléaire dans vos prochaines vidéos. C’est pourquoi je vous fais part du site : http://www.sfen.org/publications-travaux qui traite de divers aspects liés au nucléaire.
    C’est un site partisan mais j’imagine que vous saurez faire une analyse objective de ces informations.
    Cordialement.

  2. Bonjour, merci beaucoup pour cette excellente vidéo. Je suis passé sur cette page pour voir un peu les sources, je voudrais juste signaler une erreur : le lien “Concernant le nuage qui s’est arrêté à la frontière” pointe vers un rapport sur Fukushima.

    • Beaucoup d’informations à y prendre avec des pincettes. C’est une association anti-nucléaire qui a déjà fait pas mal d’erreurs (l’affaire du sable noir des plages de Camargue est rigolote par exemple) et qui a été créée par Michèle Rivasi (dont on connait le respect pour les faits et la science…).
      Sur les impacts sanitaires typiquement, je trouve que ce n’est pas un site fiable (c’est pas du tout en phase avec la compréhension scientifique de cette question).
      Le plus amusant avec ces associations, c’est leur volonté de différencier les radiations provenant de l’industrie électronucléaire du reste. On parle du tritium mais pas du médical ou de la surexposition liée à l’aviation. C’est vraiment un aspect de ces mouvements anti-nucléaires que je ne comprends pas. Un rayonnement gamma reste un rayonnement gamma qu’ils proviennent de la radioactivité naturelle ou d’activités humaines.

    • Honnêtement, j’avais commencé à écrire une vidéo sur le sujet mais je pense qu’elle aurait été perçue comme “trop pro-nucléaire”. Il y a beaucoup des papiers scientifiques sur la question et ce qui en ressort, c’est que l’absence d’activités humaines dans la zone a d’énormes bénéfices qui surpassent largement les effets de la radioactivité. La zone d’exclusion de Tchernobyl accueille une biodiversité rare en Europe.
      Dans la littérature sur la biodiversité, on peut même trouver des scientifiques qui défendent le nucléaire précisément à cause de ces effets limités sur la biodiversité (https://conbio.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/cobi.12433 par exemple).
      Je traiterai peut-être un jour le sujet mais ça risque d’être en décalage avec la perception de beaucoup sur cette question.

  3. Bonjour,
    Je viens de tomber sur la polémique de Fukushima…

    Je prends ce rapport en source https://www.unscear.org/docs/publications/2016/UNSCEAR_WP_2016.pdf
    Pour reprendre les chiffres, il y’a eu 173 travailleurs exposés à plus de 100 mSv à Fukushima. La dose collective est d’au moins 17,3 Sv. Souvent on considère qu’il y’a 0,4 cancer par Sv de dose collective dans le modèle linéaire avec seuil. Ca fait donc au moins 9 cancers. On a également 0,4 mort par cancer (je sais plus d’où je sors ce chiffre lol). Ca fait donc une nombre moyen de 3,6 morts. D’autres sources donnent 0,25 cancers par Sv. Par contre dans le rapport de l’UNSCEAR ils parlent de 2-3 cancers. Je ne sais pas d’où ils sortent ça… Même dans ce cas ça fait 1 mort. Donc le coup du 0 mort à Fukushima, même en prenant des sources très favorables à cette conclusion, on n’y est pas.

    Sinon, il y’a la fameuse étude INWORKS, qui hérisse la tête des partisans de l’ormèse. Ils ont des éléments pour valider le modèle linéaire sans seuil. J’ai la flemme de tout ressourcer, mais là le nombre de morts et de cancers à Fukushima est en centaines. Puisqu’on a une population en dizaines de milions de personnes exposée à des doses faibles.

    D’ailleurs si on applique les résultats INWORKS à Tchernobyl, à savoir compter la dose collective et multiplier par 0.4 pour avoir le nombre de cancers, alors Thercnobyl a aussi donné des cancers en centaines en France. Et en centaines de milliers en Europe.

    Sinon, pour parler sciences, la plupart des chercheurs ne captent rien aux stats. Il y a une réelle prise de conscience dans les milieux où c’est très important, mais ça évolue quand même lentement. Il y a Tommaso Dorigo https://www.science20.com/quantum_diaries_survivor qui fait de l’évangélisation là-dessus en physique des particules.

    C’est pour ça que tellement de conneries sont publiées par des gens très reconnus dans des revues et des institutions très reconnues. Quand un non scientifique se demande “combien de morts à Tchernobyl” et qu’un Aurengo lui répond “on ne sait pas, mais ce qui est sur c’est qu’on ne peut jamais affirmer que la cause du décès soit les radiations” c’est à la fois vrai scientifiquement et profondément malhonnête. On peut très bien croiser un modèle style “linéaire avec seuil” ou “linéaire sans seuil” avec les expositions connues, et ça n’a jamais été fait par les gens du nucléaire.

    • Bonjour,

      Oui il y a du vrai dans ce commentaire. Je suis un peu revenu sur cette histoire ici: https://www.lereveilleur.com/analyse-impact-sanitaire-de-fukushima-:-une-desinformation-suspecte/

      Deux applications du modèle linéaire sans seuil. La première (https://pubs.rsc.org/en/content/articlelanding/2012/ee/c2ee22019a#!divAbstract) souligne bien les limites du modèle linéaire sans seuil The LNT model has been employed extensively in the radiation safety and prevention communities, yet some studies have questioned its validity at low doses resulting in an ongoing debate. Il y a également un commentaire de cette étude ici: https://web.stanford.edu/group/efmh/jacobson/FukushimaCommentary.pdf. La seconde (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24361922/) souligne également les limites du modèle linéaire sans seuil: Although the LNT-model has been employed extensively in radiation safety , several arguments about its validity and response at low doses still remain unresolved. Même les études appliquant un modèle linéaire sans seuil souligne que cette application est discutable !

      Effectivement une application large du modèle linéaire sans seuil peut amener plus de “quelques cancers” comme je l’affirme dans la vidéo.

      Mais l’application du modèle linéaire sans seuil est critiquée et critiquable, voir “Critiques du modèle linéaire sans seuil” ici https://www.lereveilleur.com/analyse-impact-sanitaire-de-fukushima-:-une-desinformation-suspecte/ pour les sources (en plus des critiques dans les articles qui utilisent ces modèles.

      Quand à une approche par dose collective, je ne crois vraiment pas que ce soit une approche fiable pour faire de l’épidémiologie quelque soit la substance…
      https://www.academie-sciences.fr/archivage_site/activite/rapport/rapport070405.pdf:
      “Enfin ce rapport confirme qu’il n’est pas acceptable d’utiliser le concept de dose collective pour
      évaluer les risques liés à l’irradiation d’une population.”
      De nombreuses autres sources expliquent la même chose… Est-ce que vous avez vu des papiers scientifiques qui utilisent une approche par dose collective ?

      Dans cette vidéo, je ne dis pas que rien n’est attribuable à Tchernobyl.

      “D’ailleurs si on applique les résultats INWORKS à Tchernobyl, à savoir compter la dose collective et multiplier par 0.4 pour avoir le nombre de cancers, alors Thercnobyl a aussi donné des cancers en centaines en France. Et en centaines de milliers en Europe.”
      Je ne comprends pas ce que vous faites dire à INWORKS ici. Vous pouvez sourcer cette partie ?
      L’exposition moyenne de la population française à la radioactivité naturelle est 2,4 mSv/an. Est-ce que je dois conclure que la radioactivité naturelle cause des cancers chez 0,4*0,0024/100=0,096% de la population française par an ? La radioactivité naturelle ferait plus de 62 000 cancers en France métropolitaine par an ? Il y a un truc dans cette approche que je n’ai pas compris ?
      Si c’était le cas on devrait avoir une grosse différence entre des régions du monde avec différents niveaux de radioactivité naturelle. Est-ce que c’est le cas ?

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