Des gestes individuels à l’action politique: militer pour une taxe carbone ?

La vidéo

Des gestes individuels à l'action politique: militer pour une taxe carbone ?

Description et sources

Dans cette vidéo, on s’intéresse à une critique souvent opposée aux gestes individuels (et au campagne de sensibilisation comme #onestprêt): l’inutilité des actions individuelles par rapport à des initiatives collectives. Ce point de vue est bien résumé par Linguisticae dans ce thread Twitter ou par l’idée qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux que 100 entreprises sont “responsables” de 70% des émissions.

Tout ça nous amène à réfléchir à ce qui peut être fait à l’échelle politique et notamment à la taxe carbone. La taxe carbone fait beaucoup parler d’elle en ce moment avec le mouvement des gilets jaunes. On regarde donc à quoi sert une taxe carbone, à ses défauts et aux mesures qui peuvent l’accompagner pour augmenter l’acceptabilité sociale.

Vous pouvez faire votre bilan carbone et signer une pétition pour des transports en commun plus écologiques.

Je vous conseille de jeter un coup d’œil aux propositions du Shift. Certaines propositions comme l’idée de voitures plus économes reviennent souvent. Même si les français sont plutôt friands de SUVs. D’autres propositions comme les trains à grande vitesse sont plus discutées. Par exemple, Philippe Bihouix considère que le TGV est une aberration dans son livre L’âge des low-techs.

The conversation est un excellent média et je vous conseille de jeter un coup d’œil aux articles sur l’article d’une sociologue de l’Ademe sur la perception du changement climatique par les français ou d’aller directement au document de l’Ademe ou du gouvernement.

Un article des décodeurs traite bien la question de la taxe carbone et, en anglais, un article de Vox. La tribune sur les gilets jaunes par J-M. Jancovici et M. Auzanneau m’a bien inspiré.

Je vous conseille d’autres articles de The conversation sur la hausse du carburant (daté de janvier 2018), l’acceptabilité sociale de la fiscalité verte et un article d’un autre économiste sur l’indispensable hausse de la taxe carbone et sa pédagogie.

Est-ce que vous faites parti du 1% les plus riches du monde ? Le site globalrichlist peut vous aider à répondre. D’ailleurs le vidéaste Cemil Choses A Te Dire a fait une vidéo à ce sujet.

Une illustration rapide de ce que devrait être notre réduction d’émissions de CO2 pour tenir les 1.5°C de réchauffement montre vite que suivre ces trajectoires nous mettrait dans une situation de rationnement drastique. Ce qui fait dire à beaucoup qu’on dépassera les 1.5°C bien avant 2100. Et décarboner l’économie peut vite revenir à la contracter… On est face à une équation difficile…

Les secteurs d’activité qui émettent le plus en France: le chauffage et le transport

Où va l’argent de la taxe carbone ? En plus de l’article des décodeurs, il y a un article de Marianne et la source des affirmations

Sur le caractère dégressif de la taxe carbone: un article du monde (où j’ai pris la quantification) mais vous pouvez aussi jeter un coup d’œil à cet article d’une économiste.

Pour les inégalités des émissions de CO2, le document Carbone et inégalité: de Kyoto à Paris de Lucas Chancel et Thomas Piketty en donne une bonne idée: 
“Parmi les individus les plus émetteurs de la planète en 2013, nos estimations mettent en avant les 1% les plus riches Américains, Luxembourgeois,Singapouriens et Saoudiens, avec des émissions annuelles par personne supérieures à 200 tCO2e. A l’autre extrémité de la pyramide des émetteurs,on retrouve les individus les plus pauvres du Honduras,du Mozambique, du Rwanda et du Malawi,avec des émissions 2000 fois plus faibles, proches de 0,1 tCO2e par personne et par an. Au milieu de la distribution mondiale des émetteurs (entre 6 et7 tCO2e par an), on retrouve des groupes tels que les 1 % les plus riches tanzaniens, une partie de la classe moyenne chinoise ou des Européens aux revenus modestes (deuxième et troisième décile français et allemand par exemple).”
A l’échelle mondiale, d’après une estimation Oxfam, les 10% les plus riches de la planète sont responsables de près de la moitié des émissions liées au mode de consommation.

4 réflexions au sujet de “Des gestes individuels à l’action politique: militer pour une taxe carbone ?”

  1. L’effondrement est inévitable quand les énergies fossiles vont commencer à s’épuiser…
    Il suffit de lire les commentaires à votre vidéo !!!!
    La croyance au progrès infini et toujours croissant est comme une roue libre en mécanique , la marche arrière (ou la décroissance) est impossible , sauf casse du système
    C’est ce qui va se passer ….
    Encore bravo pour vos vidéos !!!

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  2. Il y a une variable qui n’est (presque) JAMAIS étudiée dans toutes les analyses.
    Pourtant c’est celle que l’on retrouve partout (même dans votre schémas “espèce invasives” (voir Biodiversité) ou la part majeur d’Homo sapiens n’est pas distincte des autres espèce).
    Quel est ton analyse sur cette “variable” ?

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  3. Cher réveilleur,

    Toutes mes félicitations pour vos vidéos dont la qualité a continuellement augmenté (est-ce encore possible de faire mieux?😏).
    J’ai une interrogation liée aux sujets de la taxe carbone (ou des quotas de CO2 par personne): vous serait-il possible d’expliquer les bilans carbone du type « du puits à la roue » ou de scope 3 (vidéo ou lien?).Mon avis d’amateur plutôt conforté par l’article référencé ci-dessous est qu’ils reposent sur des conventions tout à fait discutables et qu’il serait dangereux de les utiliser à toute fin autre que pour information. Je pense particulièrement aux idées de taxe suivant « contenu carbone » ou autres interdictions de publicité des produits dits « carbonés » (cf. convention citoyenne pour le climat). J’ai l’impression qui si on se lance dedans on va par exemple interdire la publicité (ou taxer plus fortement) certains 4×4, des TV éventuellement, peut être même des supports informatiques mais qu’on ne touchera pas aux « objets » suivants comme la représentation d’un opéra, un concert, un film, un livre, une oeuvre d’art (qui va oser interdire leur publicité?). Alors que ce sont pour moi autant d’exemples de produits à fort contenu en CO2, non? Ces produits à fort contenu CO2 pourront-ils passer à travers les mailles du filet que parce qu’une convention exclut le CO2 ayant pour origine la valeur ajoutée du travail humain?Cette convention doit elle être gardée dans ce cas? Qui déciderait?
    Et je ne parle même pas des difficultés techniques liées à l’usage de valeurs moyennes arbitraires (un fabricant de voiture en Chine exportant en France mais ayant pour son usine un contrat de fourniture d’électricité verte se verra-t-il affecté d’un contenu moyen du CO2 de l’électricité Chinoise? Va-t-il devoir démontrer son bilan carbone fait sans utilisation de valeurs moyennes? Ca va être une sacrée usine à gaz administrative! (mais les consultants en bilan CO2 auront du travail 😏).
    La référence du texte confirmant cette impression de choix arbitraires (mais encore une fois tout à fait respectables tant qu’ils ne se transforment pas en outil d’action économique) est celle-ci (trouvée ici http://hussonet.free.fr/enereco.htm):
    « Qui émet du CO2 ? Panorama critique des inégalités écologiques en France
    Antonin Pottier et al., Revue de l’OFCE, 169, 2020/5 »
    Il me semble que vous avez dit que aviez travaillé sur les analyses de cycle de vie donc vous aurez certainement une analyse très pertinente à ce sujet que j’aurais grand plaisir à voir.
    Désolé d’avoir été si long et encore merci pour vos videos, j’ai hâte de voir la suivante (quel que soit le sujet).
    Damien Prevot

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    • Bonjour,

      Je ne comprends pas tellement le commentaire. Ce qu’on veut cibler par la loi sont des produits qui émettent beaucoup de CO2 (voitures consommatrices, voyages en avion… etc). Pour l’instant, je pense qu’on se concentre surtout sur les émissions à l’usage (émissions directes de la voiture ou de l’avion). Ce qui peut être un problème parce que les impacts de certains produits sont en amont mais on ne peut pas nier qu’une grosse voiture émet beaucoup d’émissions à l’usage. La production d’un livre émet vraiment très peu de CO2 par rapport à un SUV. Je dois mal comprendre la question :p.

      En tout cas, il y aurait beaucoup de choses à dire autour de ces calculs ou de ces conventions. Peut-être que j’y viendrai dans la suite de la série sur le carbone.

      Merci,
      Rodolphe.

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